Le centre historique, autour des Halles et du Village d'Artistes, est fait de maisons à pans de bois avec des jardins clos de quelques dizaines de mètres carrés. Les arbres y sont souvent des fruitiers anciens — pommiers et poiriers de plein vent, parfois plantés du vivant des grands-parents — dont les charpentières basses touchent désormais la façade à colombages. Ici, l'objectif n'est jamais de rajeunir l'arbre d'un coup : le bois d'un vieux fruitier repart mal après une coupe sévère, et une façade à pans de bois ne supporte pas qu'on frotte contre elle à chaque coup de vent.
Port-Guillaume, à l'inverse, est un quartier jeune : les canaux et les maisons de style néo-normand datent des années 1990, et les arbres plantés à l'époque — bouleaux, cerisiers d'ornement, aulnes de berge — entrent tout juste dans l'âge adulte. Le sol y est un remblai gagné sur le marais, peu profond au-dessus de la nappe : un arbre y bascule plus facilement qu'ailleurs après une longue pluie, même sans être malade. La taille de formation, pour répartir les charpentières avant qu'elles ne partent de travers, est la demande la plus fréquente du quartier.
L'ancienne cité ouvrière et les abords des zones d'activité, hérités du passé industriel de la commune — Dives-sur-Mer a accueilli pendant plus d'un siècle des fonderies et des ateliers aéronautiques —, posent un troisième problème : des jardins étroits plantés de fruitiers productifs, coincés entre des parcelles laissées à l'abandon depuis la fermeture d'un site. Frênes, saules et érables sycomores s'y installent seuls en quelques années, sans qu'on les ait plantés. C'est le terrain type d'un chantier de débroussaillage, pas d'élagage.
Le long de la Dives elle-même, enfin, les peupliers et les saules de berge poussent vite sur un sol gorgé d'eau une bonne partie de l'année — un profil de sol proche de celui de la vallée de la Touques, avec un ancrage qu'il faut surveiller après chaque crue.