C'est la première question posée sur presque tous nos devis de rabotage : est-ce que la souche ne va pas partir toute seule ? Techniquement si. La vraie question est de savoir en combien de temps, et ce qui se passe entre-temps.
Comptez cinq à sept ans pour un résineux, dont le bois est tendre et peu tannique. Dix à quinze ans pour un feuillu ordinaire — érable, bouleau, saule. Et vingt à trente ans pour un chêne, un châtaignier ou un robinier : leurs tanins sont un conservateur naturel, ce qui est précisément la raison pour laquelle on en fait des piquets de clôture. Une souche de chêne dans une pelouse normande vous survivra probablement à votre projet de jardin.
Ces durées valent pour la partie visible. Les racines maîtresses, elles, restent bien plus longtemps et continuent d'occuper le volume de sol où vous voudriez planter.
Entre-temps, trois choses se produisent. La souche produit des rejets si l'essence en est capable, et il faut les couper chaque année. Elle héberge armillaire et polypores, qui peuvent gagner les arbres voisins encore sains — c'est le vecteur de contamination le plus fréquent dans un jardin. Et elle attire capricornes et fourmis charpentières, ce qui n'est pas idéal à quelques mètres d'une charpente ou d'un abri en bois.
Le rognage règle tout cela en une demi-journée. C'est la seule raison pour laquelle il se justifie : il n'accélère pas un processus naturel, il supprime un problème qui, sinon, occupe votre jardin pendant une décennie. Nous détaillons les trois options possibles — laisser, raboter, arracher — et ce que dit le droit du voisinage sur les rejets qui passent chez le voisin, dans notre article que faire d'une souche après abattage.