Nous sommes régulièrement appelés après coup, sur des haies plantées sans réfléchir à ce qu'elles deviendraient. Le choix de l'essence engage vingt ans d'entretien : autant le faire une fois pour toutes.
Pour un brise-vue rapide, le réflexe est le cyprès de Leyland. C'est efficace la première décennie et pénible ensuite : un mètre de pousse par an, deux tailles obligatoires, aucune tolérance à la reprise, et une haie morte par le bas au bout de quinze ans. Le laurier-palme est un meilleur compromis, et le charme un excellent choix si vous acceptez d'attendre trois ans.
Pour une haie qui se tient toute seule, l'if est imbattable : quinze à vingt centimètres par an, une seule taille annuelle, une tolérance totale au rabattage. Il coûte plus cher à l'achat et pousse lentement, ce qui décourage — c'est pourtant le seul choix qui ne se paie pas en entretien.
Pour le bord de mer, entre Cabourg et Deauville, les essences tolérantes au sel sont peu nombreuses mais très efficaces : tamaris, argousier, éléagnus, filaire, troène commun. Plantez un rideau de première ligne avec elles, et les essences plus fragiles s'installeront derrière.
Pour une haie bocagère, dans les terres du Pays d'Auge, mélangez aubépine, prunellier, noisetier, érable champêtre, charme et sureau. Elle demande un recépage tous les dix à quinze ans au lieu de deux tailles par an, elle produit du bois de chauffage, et elle abrite une faune que rien d'autre n'accueille.
Dans tous les cas, respectez la distance légale de plantation : deux mètres de la limite séparative si la haie doit dépasser deux mètres de haut, cinquante centimètres en dessous, mesurés depuis le milieu du tronc. C'est la source de la quasi-totalité des litiges que nous voyons.